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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 14:10

Résumé des épisodes précédents:
  • Les plus hautes autorités françaises de Shanghai exfiltrent en janvier 1946 un fonctionnaire d'état, collaborateur notoire du régime de Vichy allié au régime de Wang Jingwei "fantoche" des Japonais.
  • Le 28 février 1946 la rétrocession définitive de la Concession française est scellée par un accord international. 
  • Le 13 mars 1946 les autorités chinoises de Shanghai organisent une rafle pour se débarrasser des "traîtres à la patrie" (en vrac des collaborateurs de Wang Jingwei et les sympathisants et soutiens du parti communiste chinois). Quelque part du côté de la route Cohen des policiers  provoquent la mort du meilleur des français.
La Municipalité décide alors de camoufler cette bavure en déclarant la mort d'Alexandre Léonard sous une fausse identité, celle d'un "russe blanc", pour ne pas devoir informer le Consulat de France.
  • Mais, entre le 14 et le 25 mars 1946, les autorités françaises qui disposent d'un efficace service de renseignements comprennent la supercherie. Dans le contexte si particulier des négociations qui ont lieu à cette époque, les Français décident d'utiliser la mort de l'architecte comme une peau de banane qu'on balance sous la table des négociations pour faire trébucher leurs interlocuteurs chinois et leur faire "perdre la face".
Stratagème réussi puisqu'à la fin du mois de mars 1946 les autorités chinoises révisent à la baisse leurs exigences concernant le jugement sur leur sol des collaborateurs français.








Par Nader - Publié dans : Fiction
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /Sep /2008 17:49



Anna Bowshis est née le 16 août 1905 à Vilnius. Russe de naissance, elle est cependant titulaire d'un passeport polonais lorsqu'elle émigre en Chine (l'état polonais ayant annexé la Lituanie en 1919).
A Shanghai, elle danse et chante dans des cabarets comme le "Renaissance", puis elle crée son club, le "Bianna" où se rencontrent les peintres, les musiciens, les poètes et les architectes dont Léonard.


Entrée du Hanray Building, avenue Joffre
(Huaihai road) où se trouvait le "Bianna".

Le 9 décembre 1936 elle épouse Léonard.
Leur mariage républicain est célébré au Consulat Général de France, en présence de
Marcel Verdier et Ernest Mathieu témoins.

Pour elle, Alexandre développe un ambitieux projet:
une résidence d'artistes qu'Anna pourra gérer à sa guise,
un immeuble où les surfaces d'habitations ont été sacrifiées pour des vastes espaces de travail
(répétitions chants et danses) extensibles grâce à un système de cloisons amovibles.


plan d'Amyron, doc. Anna B.


Hall d'entrée d'Amyron, esquisse d'Alexandre Léonard.
Doc. Anna B.

Mais ce beau projet est contrarié. Lorsque les travaux démarrent en 1937, les Japonais s'emparent de la ville chinoise. En 1939, Anna perd sa nationalité polonaise et la possibilité de devenir française puisqu'elle est désormais privée de protection consulaire.
Lorsqu'enfin l'immeuble est achevé fin 1941, la situation des époux Léonard est catastrophique:
Lui est considéré comme ayant réalisé un "mariage mixte", elle a perdu toute espoir d'émancipation.
Ils résident un temps au dernier étage d'Amyron, mais par la suite Anna préfère retourner vivre au Gascogne.
Ils disparaissent tous les deux.


Le "Bianna" devenu un salon de beauté après la guerre.
Doc. Anna B.




Par Nader - Publié dans : Architecture
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 17:17
Qui se souvient des époux Bowianosky ?... Un couple de russes blancs qui débarquent à Shanghai à la fin de l'année 1942, en même temps que des milliers d'autres réfugiés de toutes origines. Les autorités japonaises, chinoises et françaises ont d'autres priorités: la chasse aux hanjian, aux saboteurs et aux défaitistes, les mariages mixtes, ...
Un tel couple n'attire pas l'attention.
Ils sont tout d'abord hébergés dans un quartier périphérique de la Concession, route Cohen, dans un immeuble moderne qui a un drôle de nom, mais bientôt on leur propose de les loger au centre-ville, avenue Joffre, au Gascogne.
Le centre-ville, c'est plus sûr. Il y a plus de monde et le soir on n'y fait pas de mauvaises rencontres.

On ne sait pas comment ils ont réussi à survivre pendant ces longues années de guerre et de privations.

Mais on rerouve M. Bowianosky en 1946, décidé à récupérer quelques affaires qu'il a laissé à leur ancienne adresse. Sa femme n'est pas rassurée. C'est l'époque des manifestations. Certaines dégénèrent. La grande carcasse de son mari (il mesure 1m90) ne passe pas inaperçue. Les Shanghaiains en veulent tellement aux occidentaux. Mais lui est décidé. Il part.

  Il parvient à sa destination sans encombres.
Il est en train de farfouiller dans l'appartement lorsqu'il entend du bruit dans la rue.
Il s'approche de la fenêtre, la route Cohen est à présent noire de monde, aie!... Quelqu'un a levé la tête et l'a aperçu, et maintenant on le montre du doigt.
Il recule, traverse l'appartement dont il connait le plan par coeur, le mieux est d'enjamber le balcon pour atteindre la goulotte qui descend le long de la façade donnant sur le jardin, trois enjambées et je me planque dans la villa du père Hudec, il ne m'en voudra pas, c'est un ami...
Et il meurt en s'écrasant sur le sol la tête la première 5m plus bas.


   
Janvier 1943, Mm. et M. Bowianosky

Le commentaire de Madalian nous apporte une précision:
AMAILUN 阿麦仑 (le nom chinois d'AMYRON) signifie par homophonie
"... Holala ! ... Il est tombé en enjambant."




Par Nader - Publié dans : Fiction
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 10:32

Le 14 juillet 1934, Le Journal de Shanghai publie une pleine page consacrée aux 3 architectes.

"...L’heureuse évolution du goût moderne, qui s’est manifesté dans la construction à Shanghai, est due incontestablement à leur influence, car, ainsi que l’ont reconnu plusieurs de leurs confrères étrangers, ces architectes français ont été les précurseurs de l’art moderne, dans notre ville en constante génèse..."

"...En 1933, M. Kruze, directeur p.i. de l’Ecole des Beaux-arts de l’Indochine, vint à Shanghai en voyage d’études. Il fut frappé par l’activité de ses collègues, chez qui il s’était installé, et séduit par le vaste champ de réalisations qu’offre Shanghai à un architecte maître de son art. Reconnu digne par ses aînés d’entrer dans leur équipe, en raison de la diversité et de la solidité de sa culture professionnelle, il y est admis le 1er janvier 1934, au titre de 3ème associé..."

doc. J-P Fano








 

 



 

 



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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 12:07




Un appartement du Bearn dans son jus.



Autre rénovation: Magy apartments (cf. article Art Deco)


 

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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 10:03

Laian 赉安 - Voice (Woyisi) 沃伊西

identit___al.jpg                 Voice.jpg

In Men of Shanghai and North China: a standard Biographical, 1933 Georges Nellist, page 328:
"Leonard Alexandre.Associé dans la société Léonard, Veysseyre et Kruze.Né en novembre 1890 à Paris.Marié.Vétéran de la Grande Guerre (aviateur)diplômé en 1919 de l'école des Beaux-Arts de Paris où il est entré en 1908.Professeur en 1921 à Shanghai à l'Institut Franco-Chinois.Associé depuis 1922 à Veysseyre lui aussi vétéran de la guerre de 1914-1918.
A entrepris parmi les plus beaux bâtiments de Shanghai.en 1922 a dirigé le corps des Volontaires de la Concession Française. A participé à toutes les prises d'armes de ce corps où il est officier dans la compagnie des automitrailleuses"

 Arthur Kruze est né à Roubaix en 1900.
Professeur à la section architecture l'Ecole des Beaux-Arts d'Indochine de 1930 à 1948 (avec des absences par intermittence : mobilisé, il quitte ses fonctions fin 1939, ce qui explique pourquoi il a démissionné de l'agence d'architecture, cf: article
"L'ami américain")
Lorsqu'il reprend ses fonctions en 1942, la section déménage à Dalat il est alors nommé directeur de l'école d'architecture. Il semble, d'après la fille d'André Maire (peintre, professeur à l'Ecole des beaux-arts de l'Indochine), qu'il ait été encore Directeur après le déménagement de l'Ecole à Saigon en 1950.

Oeuvres connues :
plusieurs villas à Hanoi de style "indochinois", dont la résidence d'un certain "Baron D."
Des maisons pour officiers à Hanoi.
Les deux cercles militaires de Hanoi.
(Entre 1932 et 1939, il devient le principal collaborateur d'Alexandre Léonard. C'est ensemble qu'ils conçoivent Le Dauphiné, Magy apartments, Midget Corner, ...cf: article
"Le style Art Déco")


Alexandre Léonard et Arthur Kruze en 1931 sur le yacht de
Marcel Verdier

 

14 juillet 1934 in "Le Journal de Shanghai". Doc  J-P Fano

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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 20:51

http://www.hebrewletters.com/item.cfm?itemid=45464

Algonquin-Sachem.jpg
Amailun, le nom chinois de l'immeuble Amyron.
阿麦仑
AL.jpg
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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /Sep /2007 16:11
Tous ces personnages dont j'égrenne la liste (une cinquantaine au total) étaient des fonctionnaires français en poste à Shanghai durant la guerre et dont la jeune République Chinoise aurait voulu faire le procès pour des actes présumés de collaboration avec l'occupant japonais.


http://www.persee.fr/showArticle.do?urn=xxs_0294-1759_1997_num_53_1_3593
Marie-Claire Bergère "L'Epuration à Shanghai (1945-1946)

En Août 1945, Shanghai a été libérée, les fantoches expulsés. Les autorités chinoises négocient avec l'ancienne puissance coloniale la rétrocession définitive de la Concession. Deux logiques s'opposent:
- La volonté farouche de la République Chinoise d'assumer pleinement sa souveraineté.
- Les autorités françaises qui croient encore pouvoir arracher des morceaux d'extraterritorialité dans Shanghai.
La situation s'envenime lorsque les autorités de Shanghai décident d'arrêter Robert Sarly un officier de police en décembre 1945.
Les Français réagissent en arrêtant un autre policier Carcopino collaborateur notoire, puis l'embarque à bord de l'Emile Bertin (navire affecté au transport du premier contingent vers l'Indochine) début janvier 1946, sous prétexte de le juger à Saïgon. Colère des Chinois qui précipitent alors l'instruction à charge du procès Sarly et exigent la rétrocession sans condition de la Concession. En février-mars, on prend conscience du côté français qu'on n'a plus d'arguments à faire valoir (la République Chinoise est maître chez elle. Chaque jour elle en apporte la preuve en suscitant des grèves, des saisies, des manifestations...)
La France a perdu la main.


C'est alors que se produit à la mi-mars un évènement imprévisible ! ...
Lors d'une chasse aux hanjian, "traîtres chinois" organisée à Shanghai le 13 mars 1946, des policiers municipaux commettent-ils une bavure ?


wukanglu115ao-3.jpg
Midjet apartments, cage d'escalier







Par Nader - Publié dans : Fiction
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 17:33
Nanette.gif
Marie Jeanne Léonard est née le 17 septembre 1926 à Tsingtao, alors station balnéaire où résidait une forte colonie de réfugiés russes, dont sa maman. A Shanghai, elle pousuit ses études classiques au Collège. Son père l'initie au théâtre et à la natation, et durant ses vacances scolaires il l'emmene en voyage autour du monde.
Elle perd sa mère à l'age de 8 ans.
En août 1939, à la veille de la rentrée des classes, son père l'expédie en France chez ses grands parents.
Durant toute la guerre, elle est interne dans un collèges de jeunes filles administré par des bonnes soeurs quelque part du côté d'Issoire. Elle n'étudie plus, seulement le français qu'elle maitrise mal à l'époque (sa langue maternelle était le russe,  à Shanghai elle communiquait en anglais ou en mandarin)
A la Libération, elle regagne le domicile de sa grand mère à Vélisy-Villacoublay, elle reprend sa scolarité.
En juin 1946, elle obtient son bac et entre comme aide-secrétaire au Ministère du Travail.
Elle se marie en 1949.
pass-1.jpg
passeport de Nanette 1939 portant la mention "provisoire, à renouveler."

La fille de l'architecte meurt en 1988, sans avoir jamais su exactement quand et comment son père avait disparu.... le certifcat de décès d'Alexandre Léonard et son testament ayant été "retrouvés" seulement en 2006 !


Toulon 1949. Nanette et André vont au marché.








Par Nader
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Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /Sep /2007 08:53
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Entrée Willow Court
En ce bel après -midi de mars 1946, vers 15h.30, Maître Louis Leclerc notaire quitte l'étude Julien Barraud sise 41 rue du Consulat pour se rendre, à pied (quelques centaines de mètres sur le même trottoir) au Consulat Général de France à Shanghai.
Sitôt introduit, il est reçu par Mrs Fernand Roy Consul, Xavier de la Chevalerie Consul Suppléant gérant provisoire de la chancellerie et son assistant Robert Léger officier de chancellerie agissant en qualité de greffier. Les quatre hommes s'enferment dans un bureau et procèdent à l'ouverture du testament d'Alexandre Léonard.*
Il est 16h.

"...Nous avons procédé à l'ouverture de la dite enveloppe et y avons trouvé un acte sous seing privé contenant des dispositions testamentaires faites par Monsieur Léonard Alexandre et en avons fait la description suivante: Il est écrit sur une feuille de papier blanc rayé, il contient vingt trois lignes, aucun mot surchargé sans renvoi, ni rature, ni interligne, et la teneur littérale en est comme suit:
Ceci est mon testament. Je lègue à ma femme Anna Ivanovna Bowshis le maximum que la loi lui permet de recueillir sur ma succession, à ma fille Marie Jeanne Léonard ce que la loi lui accorde, à mon frère Jean Léonard demeurant 8 rue du Massacre à Chartres:- une somme de cinquante mille francs (50.000) à prélever sur le montant de ma succession soit en numéraire, soit en actions- J'institue comme tuteur de ma fille mon père Jean Léonard en lui demandant de s'occuper de son instruction et de son éducation et ma mère Mme Léonard comme co-tutrice.
Je désigne comme exécuteur testamentaire l'étude J. Barraud à Shanghai et demande à ma femme de vouloir bien lui demander conseils. -fait à Shanghai le premier février mille neuf cent trente neuf et écrit et signé entièrement de ma main. Signé: A. Léonard..."

Après avoir bâtonné tous les blancs et entouré d'un trait de plume toutes les parties écrites, Mrs Fernand Roy, Louis Leclerc et Xavier de la Chevalerie signent et paraphent le document ainsi que l'enveloppe.
Xavier de la Chevalerie se charge avec l'accord de ses collègues de mettre le tout au rang des minutes des actes notariés du Consulat et de délivrer à qui de droit tous extraits et expéditions.
En sortant du Consulat pour regagner son étude, Louis Leclerc tressaille sous l'effet d'une brise assassine. Brrr... Se dit-il. J'aurais dù mieux me couvrir.

* Extrait de l'acte du dépôt et d'ouverture du testament d'A.L. 25 mars 1946.  Direction des Français de l'Etranger et des Etrangers en France 244, boulevard St. Germain 75303 Paris 07 SP
Par Nader
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