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Présentation

Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 17:17
Qui se souvient des époux Bowianosky ?... Un couple de russes blancs qui débarquent à Shanghai à la fin de l'année 1942, en même temps que des milliers d'autres réfugiés de toutes origines. Les autorités japonaises, chinoises et françaises ont d'autres priorités: la chasse aux hanjian, aux saboteurs et aux défaitistes, les mariages mixtes, ...
Un tel couple n'attire pas l'attention.
Ils sont tout d'abord hébergés dans un quartier périphérique de la Concession, route Cohen, dans un immeuble moderne qui a un drôle de nom, mais bientôt on leur propose de les loger au centre-ville, avenue Joffre, au Gascogne.
Le centre-ville, c'est plus sûr. Il y a plus de monde et le soir on n'y fait pas de mauvaises rencontres.

On ne sait pas comment ils ont réussi à survivre pendant ces longues années de guerre et de privations.

Mais on rerouve M. Bowianosky en 1946, décidé à récupérer quelques affaires qu'il a laissé à leur ancienne adresse. Sa femme n'est pas rassurée. C'est l'époque des manifestations. Certaines dégénèrent. La grande carcasse de son mari (il mesure 1m90) ne passe pas inaperçue. Les Shanghaiains en veulent tellement aux occidentaux. Mais lui est décidé. Il part.

  Il parvient à sa destination sans encombres.
Il est en train de farfouiller dans l'appartement lorsqu'il entend du bruit dans la rue.
Il s'approche de la fenêtre, la route Cohen est à présent noire de monde, aie!... Quelqu'un a levé la tête et l'a aperçu, et maintenant on le montre du doigt.
Il recule, traverse l'appartement dont il connait le plan par coeur, le mieux est d'enjamber le balcon pour atteindre la goulotte qui descend le long de la façade donnant sur le jardin, trois enjambées et je me planque dans la villa du père Hudec, il ne m'en voudra pas, c'est un ami...
Et il meurt en s'écrasant sur le sol la tête la première 5m plus bas.


   
Janvier 1943, Mm. et M. Bowianosky

Le commentaire de Madalian nous apporte une précision:
AMAILUN 阿麦仑 (le nom chinois d'AMYRON) signifie par homophonie
"... Holala ! ... Il est tombé en enjambant."




Par Nader - Publié dans : Fiction
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