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Alexandre Léonard
est né le 26 novembre 1890 à Paris dans le quartier des Halles où travaillaient ses parents
(Marie-louise Madroux comme crémière et Henri comme crieur puis facteur).Il entre à l'écoles des Beaux-Arts de Paris en 1906, se présente sans succès au concours du prix de Rome en 1909.
Il effectue son service militaire de 1910 à fin 1913 en Algérie.
Remobilisé le 3/08/1914, il est affecté à l'aéronautique (ballons captifs), il participe aux combats sur le front des Flandres occidentales... Plusieurs fois blessé, une flopée de médailles, croix de guerre, Chevalier de la Légion d'Honneur.
En 1919, il obtient son diplôme d'architecte DPLG et part aussitôt à Shanghai en quête d'internationalisme et d'un espace propice à sa création sur le conseil de son collègue et ami Charles-Edouard Jeanneret.
http://clubobs.nouvelobs.com/article/2007/08/27/20070827.FAP5315.xml
Sitôt débarqué, il entre en janvier 1920 au cabinet d'architectes Ledreu-Minutti qui ont reçu la charge de construire le nouveau Cercle Sportif Français et trouve une place d'enseignant à l'Institut franco-chinois.
Il a énormément de travail car il accepte aussi des contrats à titre privé (notamment de la part de l'épiscopat de Tsingtao).
Les difficultés que rencontre Minutti lors de la construction du CSF conduise Alexandre à préconiser d'autres solutions. La relation entre les 2 architectes se détériore.
En 1924, Léonard crée sa propre agence avec Paul Veysseyre qu'il a rencontré depuis peu. Ils obtiennent la poursuite de la construction du CSF malgré le procès que leur intente René Minutti.
Le succès de leur agence est immense et immédiat. Les contrats pleuvent. Ils construisent toutes sortes de bâtiments pour la Municipalité (Marcel Verdier directeur de l'urbanisme est un ami personnel d'Alexandre. Ils se sont connus sur le front durant la guerre de 14-18) , pour la Foncim (René Fano adore son style et ses idées modernes), pour des particuliers.
Lorsqu'enfin le Cercle Sportif Français est inauguré en 1926, l'agence a acquis une renommée internationale, d'autres réalisations telles que l'école Rémi ou le poste de police Mallet frappent les esprits par leur modernité et leur fonctionnalité. Les Français de Shanghai le surnomment alors "L'ami américain".... Ami parce que français...Américain parce qu'il en a l'audace (Alexandre est aussi un spécialiste de la construction en charpente métallique).
Alexandre Léonard fait la connaissance d'Elisabeth Hvoroff à Tsingtao en 1922-23.
Leur fille unique Marie-Jeanne naît le 17 septembre 1926.
Lorsque la petite famille vit à Shanghai, ils résident au Verdun Terrace, 125 rue du Roi Albert (Shaanxi Lu) immeuble construit par Algar & C°.
La crise de 1929 pousse les associés à aller chercher du travail en Indochine où ils créent une succursale qui sera opérationnelle jusqu'à la démission de Paul Veysseyre en 1946.
Leur rencontre avec Arthur Kruze date de cette époque.
Lorsque les affaires reprennent en 1933, les trois architectes reviennent à Shanghai, tout en assumant leurs contrats au Vietnam.
Nouvelle période faste, nombreux buildings de rapport pour la Foncim, villas, bâtiments industriels, immeubles à petits loyers les Lilongs.
Après la mort de sa femme Elisabeth en décembre 1934 des suites d'une maladie incurable, Alexandre se remarie le 9 décembre 1936 avec Anna Ivanovna Bowshis. La cérémonie a lieu au Consulat de France, les témoins sont Marcel Verdier et Ernest Mathieu.
Anna, Nanette et Alexandre résident alors au dernier étage du "Willow Court", 34 route Gustave de Boissezon (Fuxingxi Lu). En 1937, Paul Veysseyre s'installe à demeure en Indochine.
En 1939, Arthur Kruze, mobilisé, démissionne de l'agence.
Sa fille unique Marie-Jeanne rentre en France au cours de l'été 1939 par le Transmandchourien. Elle demeurera chez sa grand-mère Marie-Louise à Vélisy-Villacoublay jusqu'à son mariage en 1949.
Alexandre poursuit seul à Shanghai son travail et ses projets dont la nouvelle municipalité de Shanghai qui verra le jour après sa mort ailleurs et sous une autre appellation.
Il disparaît mystérieusement en 1946 à Shanghai... Dernier domicile connu: 1O2 route Cohen.
Anna, elle aussi, disparaît sans que l'on sache à ce jour si c'était après ou avant son mari.
La mort d'Alexandre n'ayant pas été déclarée, l'acte de son décès n'a pas été établi. Ses proches, en particulier sa mère Marie-Louise et sa fille Marie-Jeanne ne sauront jamais ce qui lui est arrivé.
Les archives familiales sont perdues.
La succession n'a toujours pas eu lieu, l'administration française retient depuis 60 ans le testament d'Alexandre (service de l'intérêt des familles et du patrimoine) puisqu'en droit, il est toujours vivant.
On construira des immeubles d'après ses plans et selon son inspiration jusque dans les années 70.
Lun 27 nov 2006
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